Descente de police à l’ACF

Article paru sur le site Le Point !

« Le coup de filet a été réalisé par les limiers des services des courses et jeux de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) sur commission rogatoire de Claire Thépaut et Serge Tournaire, juges d’instruction au tribunal de grande instance de Paris. Le cercle est soupçonné de travail dissimulé, d’abus de confiance et de blanchiment d’argent en bande organisée. Situé sur les Champs-Élysées, l’Aviation club de France (ACF) est l’une des tables de jeux les plus mythiques des nuits parisiennes. Selon nos informations, la justice soupçonne l’établissement de recourir à du travail au noir. Parmi les interpellés figurent des salariés et des ex-salariés, mais surtout une figure de la politique corse : Marcel Francisci, le « taulier » du cercle de jeu et le dernier d’une lignée de responsables politiques et de gangsters corses. Président de l’ACF, Marcel Francisci, alias le « petit Marcel » en référence à son illustre oncle – un grand voyou reconverti dans la politique – est très proche de certaines personnalités politiques de l’UMP. Président de l’Association des amis de Sarkozy en Corse-du-Sud, il est aussi vice-président d’Air Corsica et du conseil général de la Corse-du-Sud. Et pour ses affaires, l’homme sait s’entourer…

À ses côtés, aux manettes du cercle de jeu, on retrouve un ex-grand flic, Charles Pellegrini. Cet ancien patron de l’antigang, qui selon nos informations devrait être entendu prochainement par les enquêteurs, est le président du conseil d’administration de l’Aviation club. Il joue donc un rôle-clé dans l’organigramme de l’établissement. C’est, en effet, lui qui nomme le directeur du cercle. Il affirme remplir cette fonction par amitié et fidélité à la famille Francisci. Un ancien flic dans un repaire de voyous, voilà qui fait désordre… Le clan Francisci a toujours su cultiver des relations étroites et ambiguës avec certains hommes politiques et hauts fonctionnaires… Les aînés du « petit Marcel » étaient même réputés proches du clan Chirac. Quand les jeux et le milieu corse se croisent, la politique n’est jamais bien loin… Bien avant lui, Roland Francisci, le patriarche du clan, décédé en 2006, et son tonton « flingueur », « Marcel le grand », surnommé « l’empereur des jeux », collectionnaient déjà les mandats locaux, les accointances politiques et les affaires juteuses… »

Et vous, qu’en pensez-vous ? Mafia ? Représailles ? …